Un robot café se juge d'abord sur sa marge. Ce qui vous reste vraiment dépend pourtant aussi de la fiscalité : le statut choisi, la TVA, l'amortissement de la machine, les impôts locaux. Ces choix comptent dans la rentabilité nette d'un robot café presque autant que l'emplacement. Voici les points à étudier avec votre expert-comptable avant d'investir.
Cet article ne remplace pas un conseil personnalisé. Les règles dépendent de votre situation, de votre statut et de leur évolution. Il vous aide à arriver au rendez-vous avec les bonnes questions.
Marge, résultat, rentabilité nette : trois chiffres différents
On confond souvent trois chiffres.
- La marge : ce que la machine rapporte une fois payés les produits vendus (café, lait, gobelets, sirops).
- Le résultat : la marge moins les charges fixes (redevance au lieu d'accueil, électricité, assurance, entretien) et l'amortissement de la machine.
- La rentabilité nette : ce qui reste après impôt et cotisations, c'est-à-dire ce que l'investissement vous rapporte vraiment.
La fiscalité se joue entre les deux derniers. Deux personnes qui exploitent la même machine au même endroit peuvent obtenir des rentabilités nettes très différentes selon leurs choix. Pour la méthode de calcul de la marge et du point mort, lisez notre article sur la rentabilité d'un robot café.
Le statut choisi change la façon dont la marge est imposée
Choisir son statut, c'est choisir comment le bénéfice sera calculé puis imposé. Trois grandes options sont à comparer.
La micro-entreprise
Le bénéfice imposable n'est pas calculé à partir de vos charges réelles. On applique un abattement forfaitaire au chiffre d'affaires. La gestion est simple, mais il y a deux limites pour un robot café.
D'abord, l'achat de la machine ne se déduit pas. Les charges réelles ne comptent pas : vous êtes imposé de la même façon, que vous ayez investi beaucoup ou peu. Ensuite, ce régime a des plafonds de chiffre d'affaires. Un bon emplacement peut les dépasser.
L'imposition au réel
Le bénéfice est calculé à partir de vos vraies recettes et de vos vraies charges. Les consommables, la redevance, l'électricité, l'assurance et l'amortissement de la machine diminuent le résultat imposable. La comptabilité est plus lourde, mais elle colle mieux à une activité qui commence par un investissement important.
La société soumise à l'impôt sur les sociétés
La société paie l'impôt sur son bénéfice. Vous êtes ensuite imposé sur ce que vous en retirez : rémunération ou dividendes. Cette formule sépare votre patrimoine de celui de l'activité. Elle permet aussi de laisser une partie des gains dans la société, par exemple pour financer une deuxième machine. Elle a un coût de gestion à comparer avec ce qu'elle apporte.
Aucun statut n'est le meilleur dans tous les cas. Tout dépend de vos autres revenus, du chiffre d'affaires attendu et de vos projets : une machine ou plusieurs, café seul ou café et robot glace.
La TVA : un flux à part, qui pèse sur la trésorerie
Le prix affiché sur l'écran du robot est un prix toutes taxes comprises. Si vous êtes redevable de la TVA, une partie de chaque vente ne vous appartient pas : vous la reversez à l'État. En contrepartie, vous déduisez la TVA payée sur vos achats, y compris sur la machine.
C'est un point à étudier tôt, pour trois raisons.
- Le taux applicable dépend du produit vendu et de la façon dont il est consommé. Faites-le confirmer par votre expert-comptable pour vos boissons, et pour les glaces si vous en vendez.
- La franchise en base de TVA vous dispense d'en facturer. En échange, vous ne récupérez pas celle payée sur vos achats, dont celle de la machine. Pour une activité qui démarre par un achat important, cela se calcule.
- La trésorerie : la TVA collectée doit rester disponible jusqu'à sa déclaration. La compter comme une recette est une erreur fréquente au début.
Raisonnez toujours en hors taxes pour juger la rentabilité. C'est aussi ce que fait notre page investissement.
L'amortissement : la machine se déduit sur plusieurs années
Au réel, l'achat du robot n'est pas une charge comme les autres. La machine est une immobilisation : son coût se répartit sur sa durée d'utilisation, et chaque année une part est déduite du résultat. C'est l'amortissement.
Deux conséquences pour l'investisseur :
- Le résultat comptable des premières années est réduit par l'amortissement, même si la machine vend bien. L'impôt de départ s'en trouve allégé.
- La trésorerie et le résultat ne racontent pas la même chose. Vous payez la machine au moment de l'achat ou au rythme de votre financement, mais vous la déduisez sur plusieurs années. Suivez les deux, pas seulement le bénéfice.
La durée d'amortissement et le mode de calcul se choisissent avec votre expert-comptable, selon la durée d'utilisation prévue.
Les charges déductibles à ne pas oublier
Au réel, tout ce qui sert l'activité diminue le bénéfice imposable. Pour un robot café, ce sont surtout :
- les consommables : café, lait, sucre, sirops, gobelets, couvercles ;
- la redevance versée au lieu qui accueille la machine, si vous en versez une, en loyer fixe ou en part des ventes ;
- l'électricité, l'eau et la connexion de la machine ;
- l'assurance de la machine et de votre activité ;
- l'entretien, le nettoyage, les pièces ;
- les frais bancaires, les intérêts d'emprunt et les honoraires comptables ;
- vos déplacements pour le réassort et l'entretien, s'ils sont justifiés.
Gardez toutes les factures dès le premier jour. Une charge que vous ne pouvez pas justifier ne se déduit pas.
La CFE et les autres impôts locaux
La cotisation foncière des entreprises (CFE) concerne en principe toute activité professionnelle. Elle n'est pas due l'année de création de l'entreprise. Même sans local à vous, une cotisation minimale fixée par la commune peut s'appliquer ensuite. Le montant varie d'une commune à l'autre : demandez une estimation à votre expert-comptable.
Les questions à poser à votre expert-comptable
Pour que le rendez-vous serve, venez avec votre projet chiffré (prix de la machine, emplacement visé, prix de vente, redevance prévue) et posez ces questions :
- Quel statut convient le mieux à mes autres revenus et au chiffre d'affaires attendu ?
- Ai-je intérêt à être redevable de la TVA dès le départ ?
- Quel taux de TVA s'applique à mes boissons, et à mes glaces le cas échéant ?
- Sur combien d'années amortir la machine ?
- Quelle CFE prévoir dans ma commune après la première année ?
- Si j'ajoute une deuxième machine, mon statut tiendra-t-il ?
Ce qu'il faut retenir
La rentabilité d'un robot café se construit d'abord sur l'emplacement et le menu. Pour les choisir, lisez nos articles sur le choix de l'emplacement et sur le menu à proposer. La fiscalité ne crée pas de marge, mais un mauvais choix peut en grignoter une bonne part, alors qu'un statut adapté laisse plus de gains entre vos mains. Elle dépend aussi de votre situation : aucun gain n'est garanti, et les chiffres sont à refaire pour chaque projet.
Les prix, les marges estimées et les scénarios selon l'emplacement sont sur notre page investissement. Pour les comparer avec d'autres façons d'investir dans le café, lisez notre comparatif robot café, distributeur automatique et franchise.
Si vous voulez parler de votre projet et préparer vos chiffres avant de voir votre expert-comptable, contactez ROBOKAFÉ : nous répondrons volontiers à vos questions.